Nos nordiques finlandais affrontent depuis quelques mois la canicule et le mistral provençaux. Et nous, fatigués de la grisaille parisienne, allons les retrouver pour quelques jours. Il y a bien trop longtemps qu’on ne les a pas vus en chair et en os, voire pas du tout pour le petit nouveau de la famille, Eliott.

Petit raté au départ, car ni Max ni moi ne s’est souvenu à temps que la gare de départ était celle de Lyon et non notre habituelle Montparnasse, où nous sommes allés les yeux fermés. Ne pas voir apparaître notre train dans la liste des départs nous a mis la puce à l’oreille, mais trop tard. C’est presque 24 heures après que nous sommes effectivement partis pour le sud.

Nous avons retrouvé par hasard dans le train mon cousin du sud et sa belle, ce qui a rendu le voyage plus sympathique. A l’arrivée en gare d’Aix TGV, le grand frère de Max et Alfons font le guet depuis une heure du haut de l’escalier de la passerelle pour ne pas perdre un seul train de vue. Julien nous conduit jusqu’à la villa de Lançon où la famille a élu domicile. Camilla, Eliott, et une centaine de mille pattes (des « iules ») nous attendent sur le pas de la porte. La centaine de locataires indésirables s’incruste partout sur la terrasse, dans la maison (et jusque sur ma brosse à dents, beurk!) au grand dam de la maîtresse de maison.

Une fois la barrière de bestioles franchie, c’est les sourires d’Eliott et de sa maman qui nous accueillent. Ce fameux Eliott bavard et bien en chair garde toujours les yeux grands ouverts et le sourire (sauf quand il est pas content bien sûr). Nous ne sommes pas au bout de notre lot de marmailles car bientôt 2 têtes blondes s’ajoutent à la partie, accompagnant leurs parents rencontrés 2 ans plus tôt en Finlande. Le jeu devient alors de faire manger 4 petits monstres, les faire dormir, leur trouver des occupations, les réconforter, le tout selon un rythme adapté à leur âge et sans oublier de s’occuper de soi, des invités, de la maison, du travail… mode parental enclenché!

Pour Max et moi, ce n’est pas un environnement habituel. Nous ne sursautons pas au gazouillis d’Eliott qui se réveille d’une sieste, nos nuits qu’aucun pleur ne dérange sont complètes, pas d’incrustation nocturne dans le lit d’une puce effrayée. Et puis la bave qui coule sur le menton, la grenouillère, avant d’atteindre mes mains, c’est dégueu, là!

Du côté des grands, les apéros succèdent aux apéros. Le pastis est de mise. Le soleil nous autorise un squattage de terrasse au chant des cigales, tandis que Julien s’active aux commandes d’un énorme barbeuk. Plusieurs parties de mölkky seront nécessaire pour faciliter la digestion, avant une séance de déblayage du garage rempli de cartons. Heureusement qu’Ikea a inventé l’étagère super facile et rapide à monter que nous garnissons à ras-bord de cartons. Tout ce remue ménage pour mettre la main sur la tente dans laquelle vont passer la nuit (ou au moins une partie) trois garçons sans peurs et sans reproches.

Le lendemain, sortie touristique au marché d’Aix. Les petites rues sont pleines à craquer, le soleil impitoyable, et  les odeurs du marché alléchantes. Les nombreuses fontaines font le bonheur des petits qui barbotent, et j’en ferais bien autant! On trouve par chance une grande table libre en terrasse où nous nous régalons. Une pause à Venelle, et nous rentrons à Lançon.

L’heure de reprendre le TGV arrive déjà. Nous faisons halte chemin St Donat dans ma famille en pleins cartons. La vieille bergerie va connaître une nouvelle rénovation; on met tout à niveau, et on fait entrer plus de soleil! Les cousins (presque tous!) sont là et en vacances les petits veinards. Quant à nous, il est temps de retourner travailler à Paris.

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Une bonne surprise; le chercheur de la start up pour laquelle ma candidature n’avait pas été retenue m’a recontactée. Il aurait un poste d’ingénieur en R&D toujours en lien avec le cancer. Le sujet est captivant, l’équipe sympathique, le seul hic étant le temps nécessaire pour se rendre sur le lieu du travail, au CHU de Mondor à Créteil. 1h20 de transports en commun pour traverser Paris en métro!

Malgré tout, j’accepte de tenter l’aventure. Un premier déplacement à l’hôpital me confirme la longueur du trajet, mais peu importe. Ne plus avoir à chercher d’emploi me libère d’un sacré poids! Le début du contrat étant fixé au premier juin, il me reste un petit mois pour profiter de mon statut de demandeur d’emploi sans ne plus vraiment l’être.

Je retrouve des collègues de la Réunion et d’avant, pour passer un moment au soleil, dans un parc, au musée ou simplement dans notre appartement. Côté famille, je fais encore plus fort: je renoue contact et rencontre mes cousins parisiens pas vus depuis des lustres. Drôle de retrouver les plus jeunes qui ont pris 50 centimètres, de la barbe et/ou une grosse voix! Il y a aussi mes cousins du sud (à présent parisiens!) et ma grand-mère que je suis contente de revoir. Et encore, je n’ai pas terminé le tour de la population familiale parisienne!

En semaine, presque tout le monde est occupé entre études et travail. Je trouve donc des idées de sortie pour moi seule. J’ai parcouru une bonne partie du parc de St Cloud, qui est à deux pas de chez moi. Il aura quand même fallu deux heures de marche! Mi-musée mi-jardin était le centre Albert Kahn à Boulogne-Billancourt où sont exposés des clichés et films du japon datant de 100 ans, côte-à-côte avec le jardin impeccable entre roseraie, sous-bois, et bien sûr jardin japonais. Et puis j’ai visité quelques expositions temporaires entre Grand Palais et Musée d’art moderne. Les êtres étranges d’Odilon Redon et les couleurs de Van Dongen m’ont donné envie de ressortir les pinceaux. Ce qui tombe bien car notre appartement manque cruellement de déco!

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Nous avons investi notre appartement en douceur. Clés en main, nous avons progressivement abandonné le 13ème et son quartier chinois. Cela n’a pas été facile car notre appartement d’emprunt était confortable avec son espace salon, sa télévision géante et internet! Alors une fois dans notre nouveau chez nous, on a fait en sorte de retrouver ce confort (télé géante exclue!). En quelques jours seulement nous avions remanié le mobilier et l’accès au net. Et puis Max a fait quelques investissements pour aménager un espace de travail: un bureau, une chaise de bureau, un grand écran se sont ajoutés aux meubles existant dans le salon.

Après quelques repérages, nous avons apprécié le quartier, la proximité des commerces et des transports, des grands parcs et de la Seine, du ciné et des restos, de la piscine et la bibliothèque. En 10 minutes de roller, Max est au boulot. Entre mes sessions recherche d’emploi, je peux le rejoindre pour déjeuner. Paris est à deux pas d’ici, mais pas de raison de s’y rendre si ce n’est pour prendre un verre avec les vrais parisiens, qui eux, nous trouvent bien loin! En effet nous comptons au moins 30 minutes de déplacement pour rejoindre le cœur de Paris.

J’ai passé mon premier entretien dans le 14ème, pour une start up qui met au point des techniques moléculaires de dépistage de cancer. Mais arrivée parmi les 2 candidates retenues, ils ont finalement choisi l’autre. J’étais bien déçue, heureusement que ma marraine et mon cousin étaient de passage pour me remonter le moral!

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Voilà, l’appartement est trouvé, une bonne chose de faite! Mais il aura fallu tout un travail d’équipe pour réunir les pièces nécessaires à la constitution du dossier pour l’agence! L’histoire commence un mercredi à 14h, date fixée pour la visite d’un certain appartement à Boulogne-Billancourt, près du pont de Sèvres. Max a sacrifié un après-midi de travail pour cette visite, mais nous avons bon espoir, car l’annonce à peine parue est alléchante. Car en plus d’être situé non loin de la ligne 9 de métro, Max sera à 25 minutes à pieds du travail, autant dire à côté.

Nous suivons la responsable commerciale dans le bâtiment. Un ascenseur minuscule et un peu miteux nous dépose au 2ème étage.  Nous entrons dans l’appartement de 36m² et sommes assez séduits. Un étroit couloir donne sur la chambre et le salon, tous deux vastes et orientés vers l’ouest. Le salon s’ouvre sur un petit balcon et ses bacs à fleurs vides. La vue est chouette, donnant directement sur la Seine et le parc de Saint-Cloud en face. Quelques simples meubles occupent l’espace, on pense déjà tout réorganiser avec Max.

La salle de bain et la cuisine sont minuscules, mais peu importe, ce qui compte c’est les pièces à vivre. Elles sont du reste plutôt bien agencées. On note en plus du frigo une machine à laver le linge, un luxe à Paris!

Après la visite nous avons rapidement fait notre choix. Les papiers de l’agence en main, il fallait à présent récolter les pièces nécessaires pour constituer notre dossier. Ce fut fastidieux. A chaque fois que nous pensions le compléter on nous demandait encore des documents ou des garanties. Mais grâce à l’appui de la responsable commerciale, les parents, le frère et Laurent, on y est parvenu!

L’appartement est d’ores et déjà réservé, et nous attendons le départ du locataire précédant pour signer et emménager. Pour patienter, nous avons fait les premiers repérages dans le quartier. Entre le quartier tranquille de Boulogne, les deux parcs immenses accessibles à pieds, les petits restaurants et commerces, le cinéma, et même un centre équestre dans la rue voisine, nous sommes gâtés!

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De bon matin, nous avons atterri à Nantes le 25 février dernier. Ce sont les parents de max qui nous ont ramenés à la Roche, il fallait bien le camion pour transporter tous nos bagages!! On a pu découvrir leur toute nouvelle maison à la Généraudière, et retrouver la Bigaudière et ses airs de début de printemps.

Du côté de chez maman, Georges et ma grand-mère, puis bientôt les trois frères et la belle sœur débarquent. Et oui, maman fête ses 50 ans, on ne peut pas rater l’occasion. En plus de la tortue de ses rêves, elle se voit attribuer un écran géant pour regarder la télé.

Et comme ce post ne respecte en rien la chronologie, je vais tenter de mettre au moins un peu d’ordre dans les lieux que nous avons côtoyés: la Vendée, bien sûr, Paris, aussi, et l’étranger pour Max le temps d’un petit voyage d’affaires dont je ne vais pas parler car je n’y étais pas.

Nous en étions donc à la Vendée. Froide en comparaison à la Réunion, mais par chance le soleil était souvent de la partie. Nous y avons retrouvé la campagne tranquille du bocage, les rues tranquilles de la Roche-sur-Yon, et les habitants VIEUX!!! s’est exclamé Max (un dimanche après-midi aux Sables d’Olonne). Car oui, nous avons joué sur la plage des Sables à s’échanger un ballon de volley les pieds dans l’eau (glacée en ce début de mars) alors que d’autres défilaient en masse pour la promenade du dimanche sur le remblais.

Puis Max s’étant absenté 15 jours,  j’en ai profité pour retrouver les chevaux avec Vinciane, maman, et lors de concours. A noter, une promenade en calèche où j’ai manqué de peu l’éjection sur la croupe de la jument, et une promenade de trot après laquelle j’ai eu droit à une semaine de courbatures. Dans les prés de la Pommeraie, j’ai retrouvé les poneys gourmands qui sortent sans dommages de l’hiver grâce à leurs tous nouveaux abris en bois et les rations journalières de foin et granulés. Mais l’herbe sort déjà, et entre le foin et les jeunes pousses le choix est vite fait! D’ailleurs d’autres signes trahissent l’arrivée du printemps: les bourgeons sont prêts d’exploser tandis que les premières fleurs font leur apparition dans les prés et les haies.

Passons à Paris. Grâce à l’appartement de mon frère puis celui d’un collègue de Max, nous avons passé quelques semaines intra-muros dans le 17ème puis le 13ème. Max a commencé son travail sur les chapeaux de roue, avec la signature d’un contrat en mars, puis d’un second en avril qui remplissent son emploi du temps des 5 prochains mois. De mon côté, j’épluche les annonces de logement, je commence ma recherche d’emploi, le tout sur le net. Mais on s’amuse aussi. A peine arrivés dans la capitale, nous avons assisté au concert d’Angra à l’Elysée Montmartre qui brûlera quelques semaines plus tard. Nous avons aussi retrouvé Mario et Laurent, le temps d’un ciné (en VO bien sûr!), d’un verre, d’un resto.

La capitale est un lieu sympathique, mais avec ses imperfections; la difficulté de trouver un logement à prix raisonnable et les exigences des agences immobilières, la cherté de tout en général, les transports bondés à l’heure de pointe, la pauvreté omniprésente.

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Que dire de la fin de notre séjour à la Réunion? Ce moment ne sera pas mon favori, si je me souviens de tous les bons instants passés. Après avoir terminé mon contrat, je suis revenue régulièrement au CIRAD, pour partager un repas avec les collègues, faire de la paperasse ou discuter sur l’article en cours de rédaction. Il a encore fallu se battre pour obtenir à temps les papiers nous autorisant à emmener la minette avec nous.

Et puis le déménagement. Une vraie prise de tête pour les non initiés que nous sommes. Notre appartement ne nous a  jamais semblé autant rempli de choses inutiles. Nous avons mis de côté les effets à transporter par bateau, mais cela mis à part, il restait tellement de choses dont on devait se débarrasser! Alors on a vendu, donné, et jeté. Cela faisait mal au cœur.

Après s’être fait sortir par des amis compatissants et ayant emprunté leurs véhicules plus que de raison, nous avons finalement loué une petite voiture. Une 106 pour changer. Elle nous a bien rendu service pour nos ultimes déplacements à la Réunion. Quelques après-midi à la plage, en essayant de réaliser qu’ils étaient les derniers. Une balade à cheval à Etang-salé. Et bien sûr de nombreux déplacements en ville et ailleurs pour résilier les abonnements, acheter de rares souvenirs, et régler des affaires pour le déménagement.

Mais le plus difficile c’est les au revoir. Notre appartement n’étant plus très fonctionnel, nous avons pris des verres aux 3B, partagé quelques repas en petit comité chez l’un ou l’autre, organisé une soirée et un pique-nique sur la plage, un pot de départ au CIRAD, et nos ultimes parties de volley Ravine Blanche. Et pour terminer c’était carrément le comité de départ à l’aéroport. Notre décision était prise, pas de retour en arrière possible, et le 24 février quand il a fallu prendre l’avion, je me suis sentie comme 2 ans auparavant quand je quittais la métropole. Je voyais les visages de mes amis comme j’avais vu ceux de ma mère, de mon frère et de Max me disant au revoir le cœur gros. Et encore une fois, j’aurais souhaité pouvoir tous les prendre dans mes valises.

Au revoir et merci à vous tous. Au revoir et merci à la Réunion.

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Dimanche soir. Demain j’attaque ma première semaine de l’année au Cirad. Pas pour longtemps, car mon contrat s’achève le 31 janvier. Après s’être couchés, le ventilateur s’est subitement arrêté. Un coup d’oeil sur l’écran noir du radio-réveil nous confirme la panne de courant. Max a le courage de jeter un oeil sur la terrasse pour voir la ville plongée dans le noir. Nous ne sommes pas les seuls concernés; en fait des employés pas contents ont décidé de faire grève, alternant les coupures de courant dans les différents quartiers.

Avec la chaleur actuelle, difficile de trouver le sommeil sans ventilateur. Mais la fatigue aura raison de nous. Au petit matin, toujours pas d’électricité. Il serait temps de se lever, mais sans réveil c’est encore plus dur! Mais des coups insistants à la porte nous tirent définitivement du sommeil.

C’est notre voisine. Elle a une mauvaise nouvelle à nous annoncer. Notre voiture lui bloque le passage dans l’allée. Pas besoin de nous faire un dessin, elle a eu exactement le même problème il y a 2 mois. Les voleurs ont récidivé. Après avoir dérobé l’auto-radio de notre voisine, puis tenté de voler sa voiture, ils sont revenus pour notre voiture. Mais voilà, sortir de notre parking n’est pas chose aisée et ils se sont mangé le mur dans l’allée.

Repartis bredouilles, ils ont abandonné notre voiture avec une porte forcée, un pare-choc déformé, un boîtier neï-man grand ouvert d’où sortent une ribambelle de fils, et un levier de vitesse bloqué dans un angle inhabituel. Abasourdis, nous écoutons les conseils de notre voisine, qui elle fulmine de rage contre les voleurs. Après avoir appelé la police, nous déplaçons la voiture pour libérer la sortie de la résidence. Les policiers sont incroyablement rapides et s’appliquent à constater la tentative de vol et relever les empreintes laissées sur la portière.

Après avoir contacté l’assurance et un dépanneur, je pars au boulot à pied. Oui, car mon vélo est crevé pour couronner le tout! Max s’occupe du dépannage, et de mon côté j’emprunte le voiture d’une collègue pour faire ma déclaration à la police.

Il faudra se faire une raison, nous ne récupèrerons pas notre voiture de sitôt (si on la récupère un jour!). Heureusement nous avons pas mal d’amis qui nous donnent des coups de main. J’ai pu réparer mon vélo, Max s’en est fait prêter un, et pour l’instant nous allons nous contenter de ce mode sportif! En tout cas, je nous vois difficilement racheter et revendre une nouvelle voiture en moins de 2 mois!

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Voilà c’est l’été pour de bon. Les litchis et les mangues s’achètent à la pelle et pas cher. On allume le ventilo la nuit et on dort sous la moustiquaire, sans quoi le sommeil ne vient plus. Toute fraicheur est la bienvenue, mais rare. Et pas une goutte de pluie. Rien à voir avec l’été dernier si humide et tardif!

Des décorations de Noël ont fleuri en ville, et côte à côte avec les stands de litchis on trouve les vendeurs de pétards et feux d’artifices annonciateurs de fête. Les supermarchés ne désemplissent pas, à tel point qu’il devient difficile de trouver une place sur le parking. Avec nos occupations des semaines passées, nous n’avons pas pris le temps de penser aux cadeaux, aux courses des fêtes. Pas d’inquiétude, ils seront faits plus tard!

Cette année peu de nos amis seront à la Réunion ou disponibles à Noël. C’est l’occasion de le fêter en amoureux. Alors on a décoré le salon rien que pour nous, mis la table et cuisiné un bon petit plat. La chaleur étant insupportable, on a abandonné  nos vêtements pour les maillots de bain. On a trinqué avec le mousseux offert par le Cirad (d’où le mal de tête le lendemain) tout en dégustant du foie gras. Une petite pause digestive le temps de cuisiner la suite. Puis on passe au magret de canard au miel accompagné de ses mangues poêlées. Avant de terminer avec les litchis du Cirad, j’appelle la métropole pour souhaiter joyeux Noël. La soirée se termine devant un film.

La semaine suivante est la plus calme que j’aie connue au Cirad. La mauvaise surprise c’est que la climatisation est en panne, et qu’il faudra peiner en sueur devant le PC pendant 2 jours avant qu’ils ne la réparent. Notre minette et son petit se portent bien, un peu trop même, car maintenant que le chaton peut sortir de sa boîte leurs parties de jeu sont incessantes au détriment de ce qui leur tombe sous la patte. Et comme la minette est à nouveau en chaleur, on se décide à la stériliser avant qu’une nouvelle portée soit mise en route.

Et le nouvel an approche, avec son réveillon que nous fêterons à la Plaine St Paul, chez les parents de Mayeul. Encore une soirée réussie. Nous sommes 8 au plus pour trinquer et retrinquer tout en se régalant. Après les entrées crudités, petits-fours, toasts de saumon on n’a déjà plus faim. Mais la pause dans la piscine nous remet l’appétit d’aplomb. On enchaine sur quelques toasts au foie gras avant d’allumer le feu pour le barbecue. On a le choix entre du thon mariné et des brochettes de bœuf, mais le mieux c’est d’essayer les 2!

On retourne ensuite près de la piscine. Il est presque minuit, comme l’indique l’intensification des explosions de pétards et feux d’artifice alentours. Alors nous aussi on met le feu aux poudres en se souhaitant la bonne année. La fin de la soirée se partage entre gâteaux, jeux et piscine.

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Le froid et dureté du sol pour ceux qui on dormi en tente ont rendu le sommeil difficile. Nous émergeons de nos couchages un peu rouillés, accueillis par une brume matinale épaisse. Rien de plus décourageant alors qu’on s’apprête à randonner vers l’un des sites les plus ennuagés de la Réunion, le Trou de Fer. Le problème c’est qu’aucun nuage ne doit être présent pour admirer depuis le point de vue l’immense cascade qui dévale ses 300 mètres de dénivelé. Autant dire que c’est mal parti. On se prépare cependant, en comptant sur les nuages pour qu’il dégagent vite fait.

Matthieu et Gaëlle émergent à leur tour, fourbus par la marche de la veille. Ils ne sont pas en état de marcher ce matin. On les abandonne donc à notre point de campement, et partons au gîte de Bélouve en compagnie de Mayeul.

Entre temps, les nuages se sont dissipés. Les hélicoptères ont commencé leurs tournées, preuve que le temps est clair à présent. Le gîte surplombe Salazie, nous offrant un beau point de vue sur l’ensemble du cirque. A notre gauche culmine le Piton des neiges. Nous avons à présent bel espoir de voir notre cascade, et commençons à marcher d’un bon pas sur le sentier du Trou de fer. Contrairement à hier, le chemin est très bien entretenu, avec des tronçons de piste, et les passages boueux aménagés en escaliers ou passerelles en bois. La forêt est magnifique, alternant entre tamarins au feuillage argenté et fougères arborescentes couvertes d’épiphytes.

Par curiosité, on fait un petit détour pour admirer la Reine des Tamarins. Celle-ci, vautrée sur son flanc a parait-il 250 ans. On quitte la piste pour accéder à notre but via le sentier.  Puis nous arrivons à un passage aménagé en escaliers plongeant droit vers le point de vue. Celui-ci est assez étroit, il vaut mieux ne pas s’y retrouver à 20! Aucun nuage ne voile le spectacle de l’immense cascade d’un blanc de nacre. C’est assez frustrant de ne pas pouvoir s’approcher d’avantage, car c’est au plus près de la cascade que ce doit être le plus impressionnant. Mais aucun sentier de randonnée n’y accède, ce qui laisse peu d’options pour s’y rendre: l’hélicoptère ou le canyoning.

Après une série de photos, on rebrousse chemin. On rentre par la piste, ce qui s’avère assez désagréable car les arbres ne nous protègent plus du soleil qui tape dur en milieu de matinée. Je suis fatiguée en arrivant à la voiture. Heureusement que nous attend le buffet à volonté de la Plaine des Palmiste pour nous redonner des forces! Sur la route forestière qui traverse Bélouve, puis Bébour, nous admirons une dernière fois la forêt avant le retour à la civilisation.

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En ce long week-end du 20 décembre on célèbre l’abolition de l’esclavage. Car il fut une époque où l’ensemble des travaux agricoles sur l’ile se faisaient par la sueur des esclaves. Et par leur sang. Privés de liberté, les malheureux qu’on rattrapait d’une fugue étaient durement châtiés. Quand on les ramenait vivants. Les chasseurs d’esclaves retranchaient les évadés au plus profond des cirques, en des lieux inhospitaliers où la survie nous semble impossible.

La Réunion est redevenue paisible. Et ses territoires reclus qui furent des camps marrons ont retrouvé leur solitude. Pour nous c’est une chance que ce lundi 20 décembre soit férié. Une occasion de passer une nuit à bivouaquer dans la nature, à la « dure », mais sans pourtant se séparer d’un certain confort. Des tentes, des tapis de sol, voire des matelas, des hamacs, des provisions de nourriture en quantité, de la vaisselle, des allumettes, des lampes frontales sont autant d’outils dont on imagine mal se passer!

Nous arrivons ainsi équipés sur l’un des parkings de Bélouve. La matinée touche à sa fin, et les nuages recouvrent le ciel. Nous avons traversé une foret à perte de vue; des tamarins et autres bois de couleurs, des fougères arborescentes et les cryptomérias forment un épais manteau de verdure jusqu’au rempart de Salazie. Comme il est trop tard pour une grosse marche, nous nous engageons sur un sentier inconnu, le sentier Mazerin.

Je m’attendais à ce que celui-ci longe plus ou moins la route forestière jusqu’au gite de bélouve, mais en fait, celui-ci s’enfonce dans la foret, sillonnant entre la ravine Mazerin et un rempart qui délimite la réserve du même nom. Le sentier écrasé par la foret nous oblige tantôt à se forcer un passage dans la vigne marronne, tantôt à se courber sous un tronc d’arbre nous barrant la route. Heureusement pour nous le terrain est relativement sec et par conséquent peu glissant. C’est tout un jeu de repérer par où passer, de distinguer les quelques balises dissimulées ça et là pour ne pas s’écarter du chemin.

Ne trouvant pas mieux pour se poser, nous pique-niquons dans une ravine, avant de poursuivre notre route. Notre espoir est de rejoindre un autre sentier qui serait mieux entretenu pour le retour, mais hélas nous n’en croisons pas assez tôt et préférons rebrousser chemin. On manque de se perdre encore une fois sur le retour, alors que les genoux de Gaëlle la font souffrir. Il est temps d’arriver à notre point de campement où nous installons les tentes et hamacs.

On utilise l’emplacement prévu à cet effet pour allumer un feu sur lequel on fera cuire le riz. Le bois humide dégage une fumée blanche désagréable. Mayeul se joint à nous pour le bivouac. Après un apéro de vin ou de punch ou des 2 selon les gouts, il faut encore patienter avant que le riz ne soit cuit. On lui ajoute une boite de saucisses lentilles et une boite bœuf. La casserole est pleine, mais les appétits sont grands. Il ne reste plus grand chose à la fin du repas. On termine en beauté avec quelques letchis.

Même si la nuit est tombée depuis un moment déjà, la soirée est à peine entamée. Mais nos paupières sont lourdes, et décidés à se lever tôt, nous ne résistons pas à l’appel du sommeil.

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