Le nouvel an tamoul approche à grands pas. D’ici là, les pratiquants doivent se purifier pour commencer l’année du bon pied. Alors ils respectent un strict carême, comprenant un régime alimentaire sans viande entre autre. Et plus on est assidu, mieux c’est car parait-il, les braises brûlent moins les pieds des hommes purs. Car le carême s’achève par une fête au cours de laquelle on sacrifie un cabri et on marche sur des braises.

Le public nombreux se presse alors que la procession des tamouls tous d’orange vêtus entre dans l’enceinte du temple en dispersant des pétales de fleur sur leur passage. Les braises sont au centre de l’attention. On les entoure, on les attise, tout un rituel. Elles forment un couloir de 10 mètres environ, terminé par une petite cuve d’eau. Les percussions s’intensifient faisant monter la tension.

Finalement, les hommes s’élancent sur les braises. Ils s’avancent l’un après l’autre ou par 2, en effectuant de grandes enjambées, les bras au ciel pour montrer qu’il ne souffrent pas. Certains ont l’air en transe et s’effondreraient dans l’eau si personne ne les soutenait. Les femmes assistent à la scène sans passer sur les braises. Une fois que tous les hommes ont effectué un ou plusieurs passages elles terminent le rituel en marchant autour des braises. Elles s’avancent à 2, l’une soutenant l’autre visiblement en transe, qui s’allonge complètement tous les 2 mètres avant de reprendre la marche. Elles finissent complètement exténuées. Puis la procession entière se rassemble et termine sa marche devant l’autel pour prier.

Voilà qui marque la fin de la cérémonie. A présent que le carême est terminé, c’est le moment de se retrouver autour d’un bon carri. Le propriétaire de nos amis nous a convié au repas, et nous nous mettons timidement à table en remerciant nos hôtes. Le carri est servi dans une feuille de bananier, et nous mangeons à la main. Après le riz, le cabri massalé, puis le poulet sont servis, accompagnés d’un rougail oignon. Difficile de vider la feuille de bananier tant elle est pleine! Et on termine avec des beignets au miel délicieux. A peine les estomacs pleins, les gens sortent de table, alors on les imite. On s’est régalé!

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