Hier, Max et moi nous sommes levés de bonne heure. Pierre, notre zoreil pour 15 jours, était fraîchement débarqué à la Réunion. Enfin, le concernant, il n’était plus très frais après toutes ces heures coincé sur son siège d’avion. Par conséquent, le reste de la journée a été très calme, consacré à l’installation de Pierre à l’appart, dans notre bureau transformé en chambre pour l’occasion.
Le repos fut de courte durée. Ce midi, rendez-vous à l’Eté Indien, le resto d’Etang-salé qui a déjà fait ses preuves auprès de mes collègues. Audrey nous y accompagne avec ses zoreilles. Nous avons prévu de louer des planches de surf pour l’après-midi, mais le service est tellement lent qu’il est trop tard quand nous quittons finalement le restaurant. D’un autre côté, nous avons tellement mangé que je me demande si les planches nous auraient portés!
On se contente d’un tour sur la plage de sable noir et d’un plongeon dans l’eau tiède. On n’a pas vraiment le temps de s’éterniser, car une fête de taille se prépare pour célébrer la nouvelle année. En effet, pour beaucoup de fêtards, le 31 décembre se passe sur la plage de l’Ermitage, et nulle part ailleurs. Ce rassemblement impressionnant est à voir au moins une fois dans sa vie parait-il: « Imaginez 10000 personnes qui font la fête sur une plage paradisiaque au son de la musique et sous les scintillements des feux d’artifices! » nous dit-on.
La plupart de nos collègues du Cirad sont de la partie. Après Quelques préparatifs, nous nous mettons en route pour l’Ermitage, déjà bondé d’automobilistes à notre arrivée. Après avoir laissé la voiture, nous retrouvons des visages connus sur la plage. Une ambiance festive anime déjà les lieux. De petits groupes se sont installés sur la plage, les discussions et les rires coulent à flot, autant que les boissons alcoolisées dans certains gosiers.
Entre 2 conversations, les fêtards se rafraîchissent dans le lagon. Je regrette un peu de ne pas avoir apporté mon maillot de bain. Je ne suis jamais venue sur cette plage, cependant on distingue bien dans l’eau transparente les coraux aussi beaux qu’affûtés. Mieux vaut ne pas s’aventurer trop loin dans l’eau!
Plus la soirée avance et plus la population est dense sur la plage. Les pétards et feux d’artifices crépitent par intermittence, embrasant le ciel étoilé. Plus jolis encore, des lampions sont allumés et s’élèvent silencieusement dans le ciel, animés d’une lueur spectrale. Les bars et boîtes de nuit de la côte nous font profiter de leur musique.
L’excitation est palpable à l’approche de minuit. L’heure tant attendue est enfin annoncée. Le décompte des secondes est hurlé sur la plage. Enfin, 2010 est annoncée, déchaînant toutes les émotions, les rires, les cris, la musique et les pétards en une énorme explosion. Un grand moment de liesse qui soulève toutes les personnes présentes. Chacun veut embrasser tout le monde, lui présenter ses meilleurs vœux, lui communiquer sa joie.
Et puis la soirée continue. On a heureusement perdu quelques décibels, un calme relatif est revenu. Le moment fort est passé, même si certains s’y refusent et ne s’arrêtent pas à temps. Un réveil difficile, une mémoire défaillante, une bonne gueule de bois, voire plus attend ceux-là pour demain matin
Je ne peux fermer les yeux sur les déchets qui jonchent la plage, ni l’eau à présent trouble. Le site protégé du lagon subit une belle atteinte ce soir alors que nous le foulons allègrement. Nous rentrons avant que le désastre ne soit révélé à la lumière du jour.
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