Une journée entière à naviguer sur un vieux gréement. Un rêve qui devient réalité! Alors à l’abordage, moussaillons! Les 18 heureux marins d’eau douce que nous sommes embarquent sur le Hnoss. Ce vieux voilier a navigué sur bien des mers et océans. Qui eût cru que d’une routine de pêche à la morue au large de la Norvège le navire aurait traversé le monde pour achever son périple sur l’île de la Réunion en tant que bâteau de plaisance? Et n’étant plus tout à fait pimpan ni bien vif, il a un sacré charme.

On observe patiemment les manœuvres au moteur qui nous permettent de quitter le port. Le moteur, on en a encore besoin pour le trajet aller, on peut ainsi filer droit. Cap sur le sud! Nous quittons le Port en direction de Saint-Paul, puis Saint-Gilles, notre destination. Quelques consignes de sécurité simplissimes sont énumérées: une chose à retenir, savoir crier « un homme à la mer! ». On hisse les voiles sur nos 2 mâts pour faire joli, puis on peut se disperser sur le pont.

Après un tour de visite, Max et moi regagnons la proue. Nous avions bien repéré un filet tendu au-dessus de l’eau à l’aspect accueillant. Nous nous glissons à l’intérieur, accueillis par une brise fraîche qui atténue la morsure des rayons du soleil… pour un temps! L’eau bleu profond glisse à un mètre en-dessous de nous, laissant le bateau se frayer son passage.

Arrivés à hauteur de Saint-Paul, nous nous rapprochons de bacs à poissons auprès desquels les dauphins gloutons viennent de goinfrer. Et pas loupé! Un groupe de 4 ou 5 nageoires dorsales évolue dans le périmètre, déjà repéré par un autre bateau de plaisance. On coupe le moteur pour s’approcher tout près, au point de leur passer au-dessus. Les animaux ont l’air nullement effarouchés, nous laissant le loisir de les voir de très près. De notre filet, nous sommes aux premières loges pour le spectacle.

Mais cela ne dure que quelques instants. Comme trop de curieux s’avancent, les dauphins préfèrent prendre des distances, et nous reprenons notre chemin. Arrivés à Saint-Gilles, nous mouillons pour quelques heures, le temps de se mettre à l’eau et de pique-niquer. Max et quelques autres intrépides jouent à se jeter à l’eau par la proue, et n’atteignant pas leur quota de sensations fortes, ils sautent suspendus aux bouts à la manière de Tarzan.

C’est la faim qui les sort de cette activité. Comme chacun a apporté quelque chose à manger, les quantités sont bien supérieures à nos besoins; et il faut un peu se forcer pour ne pas vexer les cuisiniers, au point que Max a le mal de mer!

C’est le moment de repartir! Et cette fois, on ne triche plus, on fait tout à la voile! On hisse les 2 voiles restantes à l’avant (le phoque et heu…?) qui se gonflent aussitôt. On prend un rythme de croisière assez lent. Ayant pris la direction du large, les côtes sont de plus en plus éloignées jusqu’à l’empannage qui nous en rapproche. Le temps d’effectuer plusieurs fois la manœuvre, le jour a décliné et les lueurs du couchant embrasent la mer et le rivage. La lune se lève alors que nous arrivons en vue de la ville du Port.

Quelques ultimes manœuvres sont nécessaires avant l’entrée au port; on abat les voiles, on met en marche le moteur, puis on s’arrime bien contre le quai. On doit quitter le Hnoss avec quelques regrets, mais on n’est pas mécontent de retrouver la terre ferme sous nos pieds!

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